L'évolution

Trop de gens pensent à tort que la science de l’évolution est incompatible avec l’histoire de Jésus. En fait, c’est le cadre métaphysique de nombreux évolutionnistes qui l’est1. La vraie question en est une de détermination. L’évolution pourrait-elle avoir un dessein ? Bien sûr qu’elle le pourrait ! Le fait qu’il y ait ou non un but n’est pas une question scientifique, mais une philosophie. Il n’y a pas de « détecteur de dessein » – aucune mesure scientifique de but.2 Et le « hasard » n’a pas de pouvoir causal. Le hasard est une description de notre (manque de) connaissance – une catégorie épistémologique plutôt qu’une théorie ontologique.3

Mais c’est intéressant de savoir à quel point le récit de la Genèse est compatible avec la biologie moderne. Pour ça, il faut comprendre la différence entre deux verbes hébreux du chapitre 1 : בָּרָא (« créer ») et עָשָׂה (« faire »). Le deuxième verbe est celui que nous pourrions utiliser pour « faire une salade » – prendre le matériel existant et l’arranger en lui donnant un nouvel aspect. Bien sûr, Dieu aurait bien pu accomplir sa « réalisation » par ce qu’on appelle maintenant l’évolution – c’est-à-dire la réorganisation du matériel génétique pour donner de nouvelles formes.

 Le verbe בָּרָא, en revanche, est plus intéressant. Il ne se présente que trois fois. Au début, « Dieu a créé les cieux et la terre », à la création, la vie elle-même est, puis à la création de l’humanité. Et, bien sûr, ces trois événements sont bien représentés sur les listes des plus grands mystères de la science.4,5  
Les deux premières énigmes scientifiques ne sont pas de controversées : à la fois l’origine de l’univers et l’origine de la vie elle-même6 se situent au-delà de notre compréhension actuelle. Le défi, cependant, vient avec la troisième : les êtres humains, nous dit-on, ne sont que des animaux.
   
Mais selon les estimations actuelles, la divergence évolutive qui a fini par produire des humains et des chimpanzés a eu lieu il y a environ six millions d’années,avec une population d’environ trente mille individus. Avec une génération de dix ans, cela signifie qu’environ 18 milliards d’occasions de mutation étaient en jeu pour cette transition (impliquant environ 150 millions de modifications de la paire de base).8
   
Mais il y a eu environ 108 milliards d’homo sapiens dans l’histoire récente9. Cela signifie six fois la possibilité de mutation requise chez les humains modernes pour effectuer une divergence humaine / chimpanzé. Mais la variance génomique intraespèce est inférieure à 2% de la divergence interespèces. Selon les hypothèses évolutives actuelles, c’est impossible (c’est-à-dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas avec le modèle existant).
   
Une option intéressante, c’est que l’homo sapiens représente un « point de départ évolutif ». Mais cela implique que le point occupé par les êtres humains dans l’espace évolutif a été intégré dans la nature même de la matière – c’est-à-dire que l’humanité est vraiment spéciale !