Le jugement dernier

​​
Une chose que cet enseignement partage avec beaucoup de paraboles de Jésus, c’est le contraste entre l’« acceptable » (brebis) et l’« inacceptable » (chèvres) – comme, par exemple, dans Les deux prières , La mauvaise herbe ou Le filet . Mais ces contrastes nous font peur. Nous sommes beaucoup plus à l’aise avec le gris qu’avec le noir et le blanc. Je suis sûr que les choses n’étaient pas différentes à l’époque de Jésus.
 
Et si nous prenons tels quels les mots de Jésus, nous sommes encore plus mal à l’aise. Ni les moutons ni les chèvres n’étaient conscients des causes du jugement qu’ils reçoivent – bon ou mauvais. Chacun réagit avec surprise lors du jugement dernier ! Peut-être que voilà pourquoi Jésus nous répète d’éviter de nous juger les uns les autres  ! Cet avertissement s’inscrit dans le thème du jugement surprise qui apparaît ailleurs dans les paroles de Jésus ( Les dix vierges , Le repas de noces  ou Les ouvriers dans la vigne sont des exemples avec cet enseignement).
 
Dans une culture qui nous encourage à être autosuffisants et à dissimuler nos besoins aux autres, même l’application directe de cet enseignement produira certainement bien des surprises.
​​Mais il faut remarquer que Jésus ne présente pas cette histoire comme une parabole. En conséquence, on pourrait conclure qu’il ne s’agit pas vraiment d’une parabole ! Jésus nous décrirait alors le jugement dernier, une pensée effrayante !
(Matthieu 25.31-46 : Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges avec lui, il s’assiéra sur son trône glorieux. Tous les peuples de la terre seront rassemblés devant lui, et il séparera les gens les uns des autres comme un berger sépare les brebis et les chèvres. Il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.
Le roi dira alors à ceux qui seront à sa droite : « Venez, vous qui êtes bénis par mon Père. Recevez votre héritage : le royaume qui a été préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger. J’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire. J’étais étranger, et vous m’avez invité chez vous. J’étais nu, et vous m’avez habillé. J’étais malade, et vous avez pris soin de moi. J’étais en prison, et vous êtes venus me visiter. »
Les justes lui répondront alors : « Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim et que nous t’avons donné à manger ? Ou avoir soif et donné à boire ? Quand t’avons-nous vu étranger et invité chez nous ? Ou nu et nous t’avons vêtu ? Et malade ou en prison et nous sommes allés te visiter ? »
Le roi leur répondra : « Oui, je vous le dis, tout ce que vous avez fait pour le plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »
Il dira alors à ceux qui seront à sa gauche : « Éloignez-vous de moi, vous qui êtes maudits ! Allez dans le feu éternel préparé pour le diable et pour ses anges ! Car j’ai eu faim et vous ne m’avez rien donné à manger. J’ai eu soif et vous ne m’avez rien donné à boire. J’étais étranger et vous ne m’avez pas invité chez vous. J’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé. J’étais malade et en prison, et vous ne vous êtes pas occupés de moi. « Ils lui répondront alors : « Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim ou soif ou être étranger ou nu ou malade ou en prison, et que ne nous ne t’avons pas aidé ? » Il répondra : « Oui, je vous le dis, tout ce que vous n’avez pas fait pour le plus petit de ceux-ci, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. » Ils s’en iront alors à la punition éternelle. Mais les justes entreront dans la vie éternelle.