Le vrai problème du mal
Pensons à cette proposition : « il y a trop de souffrance pour que je croie que Dieu existe ». De toute évidence, ce « trop de souffrance » s’inscrit dans un « temps mesurable » (comme le souligne le mot « trop »). Ainsi, s’il y avait moins de souffrances, on pourrait peut-être croire en Dieu. Mais « croire en Dieu » s’inscrit dans un « espace particulier » - on croit en Dieu ou on ne croit pas en lui. Comme l’existence de Dieu est une option quand il n’y a pas de souffrance, cela laisse deux possibilités (illustrées ci-dessous) :
Dans le premier cas, le « problème » (P – c’est-à-dire, Dieu n’est plus une option) surgit à un certain point (arbitraire ?) dans l’axe de souffrances (S) (à l’étoile). On pourrait demander à ceux qui prennent cet argument d’expliquer cette étoile (c’est-à-dire ce qui est si spécial à propos de ce petit ajout de souffrances). Autrement, nous devrons conclure que la somme de souffrances ne justifie pas d’exclure de croire en Dieu.
Dans le second cas, le « problème » surgit tout de suite : dire que l’existence de la souffrance (plutôt que la quantité de souffrances) empêche de croire en Dieu. Mais la plupart des adultes préfèrent les livres et les films remplis de conflits (voire de souffrances) résolus ou non. C’est-à-dire que nous trouvons une valeur dans la souffrance. Mais si souffrir peut apporter un « bien supérieur », alors le deuxième cas ne peut pas non plus être juste.