La puissance de Dieu

Que représente l’image de gauche ? Un lapin ? Un canard ? Parfois, selon la façon dont vous regardez une chose, elle peut être aussi différente qu’un lapin d’un canard ! À droite, une ancienne publicité pour Shreddies. Encore une fois, deux façons différentes de regarder les choses, et ni l’une ni l’autre n’est « meilleure » ou « plus importante » que l’autre. Dans ces cas, les deux façons de voir sont aussi valables l’une que l’autre.
Mais ce n'est pas toujours le cas. Parfois, une façon de voir quelque chose ou une façon de comprendre quelque chose est beaucoup plus importante que l'autre. Voici un exemple. (Cette photo a été prise par un collègue, qui est un plongeur expert et un photographe sous-marin - utilisée avec permission.)

Il y a aussi deux façons de regarder cette image, mais elles ont des conséquences diamétralement opposées. Supposons que vous soyez un petit poisson en train de nager avec votre meilleur ami. Vous arrivez à cet endroit, et votre ami dit : « Ce n’est pas grave, c’est juste un peu de corail. » Mais vous n’êtes pas si sûr. Votre ami dit : « Tu peux avoir ton opinion et moi la mienne – peu importe. » C’est alors que votre ami se rapproche un peu du « corail » et CHOMP ! Il vient d’être mangé par ce poisson-scorpion ! Parfois, les différences de perspective peuvent être importantes, voire changer la vie ! Heureusement que vous saviez depuis longtemps que ce n’était pas seulement du corail !
Il y a tant de choses dans la vie qu’on peut voir de différentes manières. Et le message de Pâques est l’une de ces choses. En 1 Corinthiens 1.18, la Bible dit :  

Car la prédication de la croix [Pâques] est une folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu.  
 
Le message de Pâques peut être une folie ou une puissance de Dieu. Et cela ne ressemble pas non plus à deux « perspectives tout aussi valables l’une que l’autre ». Si vous connaissez le pouvoir de Dieu et que quelqu’un vous dit : « Ce n’est rien, cela peut être la puissance de Dieu pour vous et la folie pour moi », vous avez envie de répondre : « Eh ! Est-ce que vous plaisantez ? » Mais, bien sûr, nous ne sommes pas en colère contre les gens qui nous disent que le message de Pâques est une folie. La Bible ne dit pas que ceux qui pensent ainsi sont méchants, ou ennemis de Dieu – ces gens vont périr et ont besoin de notre aide.
En outre, ils sont en bonne compagnie. Même les disciples de Jésus n’ont pas compris tout de suite le message. La Bible nous dit que Jésus prédit sa propre mort (que nous commémorons le Vendredi saint) à plusieurs reprises. Parfois, Jésus mentionne sa résurrection (la base de nos célébrations de Pâques) dans ses prédictions, qui se trouvent dans les quatre évangiles – en dix endroits différents. Mais dans deux d’entre eux, la Bible dit que les disciples n’avaient aucune idée de ce dont Jésus parlait. Par exemple (Luc 18.31-34) :
 
Jésus prend les Douze [apôtres] avec lui. Il leur dit : « Nous allons monter à Jérusalem. Là, toutes les choses que les Prophètes ont écrites au sujet du Fils de l’homme vont se réaliser. On le livrera aux non-Juifs. Ceux-ci se moqueront de lui, ils l’insulteront et ils lui cracheront dessus. Et quand ils l’auront battu à coups de fouet, ils le tueront. Mais le troisième jour, il retrouvera la vie. » [N’est-ce pas là le message de Pâques ?] Les disciples ne comprennent rien à ce que Jésus leur dit, parce que le sens de tout cela leur reste caché. Ils ne savent pas de quoi Jésus leur parle.
 
Que signifie  « le sens de tout cela leur reste caché » ? Ce que signifient les paroles de Jésus n’est-il pas évident ? « Le livrer » – c’est facile. « Se moquer de lui » – pas de problème. « L’insulter » – c’est aussi facile. « Le battre à coups de fouet », « le tuer », « retrouver la vie » – qu’est-ce qui ne va pas ? Que se passe-t-il ? Eh bien, j’aimerais que vous imaginiez que ce message – celui sur Jésus qui meurt et ressuscite des morts – le message de Pâques – ressemble un peu à l’image de l’Œil magique ! Bien sûr, il y a ce qui paraît en surface, quelques faits historiques, peut-être... mais il y a un autre sens, un sens plus profond, un sens beaucoup plus important que Dieu veut que nous percevions.

Maintenant, si vous n’avez jamais vraiment « compris » ce sens profond de Pâques, ne vous inquiétez pas. La Bible ne dit pas que Jésus était en colère contre ses disciples parce qu’ils étaient un peu lents. Mais cela vaut la peine de mentionner qu’à l’occasion, Jésus semble très en colère contre cet homme nommé Pierre. Bien sûr, Pierre était un meneur parmi les disciples. Il était donc très proche de Jésus. Mais, croyez-le ou non, Jésus a alors des mots plus forts pour Pierre que pour les méchants Romains, ou les pharisiens hypocrites, sans parler des collecteurs d’impôts ou pire. C’est vrai. En particulier, il s’en prend à Pierre quand ce dernier refuse d’accepter le message de Pâques. Dieu ne se fâche pas si nous ne comprenons pas pleinement les choses, mais il n’est pas du tout content quand nous fermons nos esprits à la vérité. Matthieu 16.21-23 :
 
C’est alors que Jésus se met à expliquer à ses disciples qu’il doit aller à Jérusalem. C’est dans cette ville que les anciens, les chefs des prêtres et les maîtres de la loi vont le faire souffrir beaucoup. On va le faire mourir, mais le troisième jour, il se relèvera d’entre les morts. Pierre le prend à l’écart pour lui faire des reproches : « Jamais, Seigneur ! Cela ne t’arrivera jamais ! » Jésus se retourne et il dit à Pierre : « Retire-toi, Satan ! Tu es comme une pierre pour me faire tomber, parce que tu ne penses pas comme Dieu, mais tu penses comme les hommes ! »
 
N’est-ce pas un peu dur ? Jésus traite un de ses meilleurs amis de « Satan. » De toute évidence, nous ne pouvons pas simplement « corriger » Jésus chaque fois que nous avons envie de le faire. Pierre ne comprenait pas le message de Pâques. Ce n’était pas cela qui était grave – Jésus n’a pas grondé les autres disciples qui ne comprenaient pas non plus. Le problème a surgi quand Pierre est allé trop loin – quand il a décidé que, puisqu’il ne comprenait pas le message, il n’y avait pas de message. C’est alors que Jésus a utilisé ces mots tranchants à l’égard de Pierre.

Rappelez-vous cette l’image de l’Œil magique. Il n’y a pas de honte si vous ne parvenez pas à repérer la « vraie image » – tant pis pour vous, mais il n’y a rien de honteux à cela. Cependant, ce serait une erreur dangereuse de l’esprit et de l’âme de conclure que, juste parce que vous ne pouvez pas discerner la « vraie image », une telle image n’existe pas. Si nous faisons ce choix, nous ne serons jamais en mesure de voir la vraie image, et nous allons probablement aussi empêcher les autres de la voir.
C’est pareil pour Pâques. Il y a ceux qui ont fermé leur esprit aux choses de Dieu – ils si pleins d’eux-mêmes qu’ils ne se gênent pas de « corriger » la parole de Dieu. Ensuite, il y a des gens comme les disciples avant qu’ils « comprennent » le message. Ils ne sont pas capables de voir la « vraie image » mais il y a encore de l’espoir. Enfin il y a aussi ceux qui « reçoivent » le message - ceux pour qui les paroles de Paul (Romains 6.4) sont devenues une réalité : « pour que, comme la gloire du Père a fait revenir le Christ d’entre les morts, nous aussi, nous vivions une vie nouvelle.» Pour eux, le message de Pâques est le message de l’espérance : la puissance de Dieu pour le salut.
Alors, quelle est la clé ? Qu’est-ce qui peut nous amener au-delà des événements de l’histoire à une rencontre qui change la vie ? Celle de Jésus ressuscité ? Rappelez-vous que Jésus a prédit sa mort et sa résurrection à plusieurs reprises, mais qu’aucun de ses disciples n’a été capable de « comprendre ». Cependant Jésus accompagne souvent ses prédictions avec un certain enseignement, et cette compréhension plus profonde de Pâques se révèle dans ces mots (Luc 9.23-25) :
 
« Et Jésus dit à tous : “Si quelqu’un désire me suivre, qu’il renonce à lui-même. Qu’il prenne sa croix pour la porter tous les jours et qu’il me suive ! Car quiconque veut sauver sa vie la perdra, mais quiconque perd sa vie pour moi la trouvera. À quoi sert-il à un homme de gagner le monde entier s’il se perd ou s’il se ruine lui-même ?” »
 
Plutôt que de perdre votre vie en essayant de la sauver, de la prolonger, de la rendre plus confortable ou de la préserver ; de courir après les choses de ce monde, pourquoi ne pas abandonner votre vie pour quelque chose de plus grand que vous?
Voyez-vous, seule la croix mène à la résurrection. Il n’y a pas de gloire sans sacrifice ni de victoire sans lutte. Jésus se sert de la croix comme une image pour ses disciples : « Si quelqu’un désire me suivre », dit-il, « qu’il renonce à lui-même. Qu’il prenne sa croix pour la porter tous les jours et qu’il me suive ! » Les chrétiens disent tout le temps que le chemin du ciel consiste à croire que Jésus est mort pour nous. Mais la croyance qui nous sauve n’est pas une adhésion mentale. Jésus est venu : vérifié. Jésus est mort pour moi : vérifié. Jésus est ressuscité : vérifié. C’est un commencement, mais cela ne suffit pas. Jésus dit que la croyance qui nous sauve est celle qui nous fait nous lever et suivre ses pas. Nous avons besoin de croire assez fort au récit de Pâques pour en faire notre histoire. Si nous ne voulons pas renoncer à nous-mêmes, nous ne pouvons pas dire que nous croyons vraiment au sacrifice de Jésus.
Nous lisons en 1 Pierre 2.21 ; 23 : 

« Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces… lui qui, injurié, ne rendait point d’injures, maltraité, ne faisait point de menaces, » [deux défis : croyons-nous assez au récit de Pâques pour rester polis quand on nous insulte ; croyons-nous assez pour souffrir pacifiquement ?] « mais s’en remettait à celui qui juge justement. »

Voilà la foi qui sauve : une foi qui nous met dans les traces de Jésus, en suivant son exemple. Croyons-nous suffisamment notre Père céleste pour renoncer à nos droits ? Croyons-nous en une meilleure résurrection qui nous attend pour que nous acceptions de renoncer à nos ambitions ? Et notre orgueil ? Et notre droit d’être déçus ? Allons-nous aussi y renoncer ? Voulons-nous suivre Jésus en portant notre croix, acceptons-nous de mourir avec lui en croyant que le Juge tout-puissant va nous faire revenir à la vie par la même puissance qui a ressuscité Jésus ? Quand nous en arrivons là, notre vie se trouve complètement transformée.
Jim Elliot a écrit : « ce n’est pas un fou celui qui renonce à ce qu’il ne peut pas garder pour gagner ce qu’il ne peut pas perdre. » La résurrection s’offre à vous. C’est un cadeau gratuit qui ne peut jamais vous être enlevé. Êtes-vous prêt à renoncer à ce que vous ne pouvez pas garder afin de gagner ce que vous ne pouvez pas perdre ?
Que diriez-vous de ces images « Œil magique » ? Elles ressemblent à un vrai fouillis, ou elles ressemblent à quelque chose en trois dimensions. Quiconque a vu l'image réelle sait que ce n'est pas seulement un fouillis, et que voir le fouillis n'est pas « aussi bon » que voir la « vraie image ». Cela n'aide même pas d'être intelligent. Cela n'aide pas d'avoir lu les bons livres. Ça n'aide pas d'être né au bon endroit. Soit vous voyez la « vraie image », soit vous ne la voyez pas. Et si vous avez vu la « vraie image », même l'homme le plus riche, le plus intelligent et le plus éduqué du monde ne pourrait vous dire que ce n'est qu'un fouillis. Parce que vous le sauriez mieux que lui !